Parc national du Mercantour
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Du 19/03/2020 au 21/06/2020
26 commentaires

Les réglementations dérivées du décret et de la Charte

NOTE DE PRESENTATION

Projet de réglementation relatif à l'introduction d'alevins dans les lacs gérés dans le cadre d'une mise en valeur halieutique

I - Rappel des dispositions réglementaires 

La charte du Parc national du Mercantour prévoit dans son objectif XI de restaurer le fonctionnement naturel d’une proportion significative et représentative des lacs en zone cœur.

Cette démarche s'appuie entre autres, sur un volet réglementaire constitué de : 

  • l’article 3 du décret n°2009-486 définissant la réglementation spéciale applicable en zone cœur, destinée à y préserver les patrimoines (faune, flore, paysages, bâtis…)
    Cet article indique notamment que par défaut, toute introduction d’animaux non domestiques est interdite dans le cœur du parc national.
     
  • la modalité n°1 d’application de la réglementation, définie par la charte du Parc.
    Cette modalité prévoit que l’interdiction d’introduction d’animaux non domestiques peut faire l’objet d’une exception : l’introduction d’alevins de poissons peut ainsi être autorisée par un arrêté du directeur, sur certains lacs préalablement sélectionnés et au bénéfice du « loisirs pêche ». 

Selon cette modalité, la liste des lacs où l’alevinage pourrait continuer à être autorisé, ainsi que la liste des lacs ne pouvant plus être alevinés, doivent être établies : 

  • pour une durée de trois ans, 
  • par le directeur,
  • après avis du conseil scientifique puis du conseil d'administration. 

 

II – Méthode d’élaboration des « listes de lacs »

Les critères de choix des lacs à restaurer en priorité - comme indiqué dans la charte - se sont basés par ordre décroissant sur :

  • l'intérêt de protection des lacs (+++) : intérêt naturaliste général du lac et de ses abords, qualité de l'eau, origine naturelle du lac (à l’inverse des lacs créés à la suite de la construction d’un barrage), respect de la continuité écologique entre le lac et ses cours d’eau d’alimentation ou d’évacuation...
  • la capacité de résilience du milieu suite à l'arrêt de l'aleviange (++) : existence ou possibilité de reproduction naturelle de truite, absence de vairon...
  • l'intérêt halieutique (+) : degré de facilité d’accès, niveau de fréquentation par les pêcheurs.

Il a été décidé de travailler sur une liste exhaustive de lacs et laquets, ainsi que sur une période suffisamment longue (2014-2024) pour permettre si besoin, aux pratiques halieutiques de s'adapter progressivement aux changements induit par cette démarche de restauration écologique.

Entre 2012 et 2014, de nombreuses réunions ont ainsi été organisées afin de travailler en partenariat avec les acteurs de l'eau et de la pêche sur les deux départements du Parc. Plusieurs rencontres avec chaque AAPPMA ont permis de travailler lac par lac et d'élaborer la liste des lacs à restaurer dans les 10 années à venir. Suite à ces réunions des courriers ont été envoyés à chacun pour ultime validation de cette liste (courrier en date du 18 décembre 2013 avec réponse attendue avant le 31 janvier 2014) : aucune remarque n'a été formulée.

Aussi, la liste des lacs qui pourraient être alevinés pour la période 2014-2024 a été soumise pour avis au conseil scientifique lors de sa séance du 7 mai 2014 (avis favorable). 

De cette liste globale a été extrait un premier arrêté « alevinage 2014-2016 » ; soumis à l'avis du conseil d'administration le 24 juin 2016 (avis favorable) puis à la consultation du public (du 24 juin au 16 juillet 2014). il a été signé le 23 juillet 2014 et publié dans la foulée au registre des actes administratifs de l’Établissement public du parc national.

Le deuxième arrêté « alevinage 2017-2019 » a été soumis à l’avis du conseil d’administration le 28 novembre 2016 5AVIS FAVORABLE° puis à la consultation du public (du 02/12/16 au 05/01/2017), avant d’être signé et publié le 11 janvier 2017.

Il s'agit donc à présent du 3ème projet d'arrêté portant sur la période 2020-2022.

Ce projet se base sur la programmation globale 2014-202 validée par le Conseil scientifique en 2014, avec 2 adaptations :

  • la première, pour le lac des Grenouilles (Roya). Ce lac resterait aleviné encore pendant 3 années, le temps d’assurer la mise en défend des berges du lac et amorcer la reconquête de la qualité du milieu. L’arrêt de l’alevinage serait donc reprogrammé pour 2023 (au lieu de 2020 dans la programmation initiale) ;
  • la seconde, pour le lac Nègre (Vésubie). Ce lac resterait aleviné encore pendant 3 années, le temps de réaliser un « état zéro » des populations piscicoles du lac avec alevinage, puis à partir de 2023, un état de ces mêmes populations sans alevinage.

Le Conseil d'administration du Parc a émis un nouvel avis favorable sur cette liste adaptée, lors de sa session du 13 mars 2020

 

III – Proposition de réglementation pour la période 2020-2022

Sur la période 2020-2022, les lacs qui pourraient continuer à être alevinés seraient les suivants :

  • (Ubaye) lac des Hommes supérieur et lac des Hommes inférieur.
  • (Vésubie) lac de la Fous, lac Long, lac Cabret, lac Tavels, lac Bresses inférieur, lac Bessons inférieur, lac de Trécoulpas, lac Nègre 
  • (Haute-Tinée) Lac de Vens sud-ouest, lac de Vens centre moyen, lac de Vens nord-est grand, lac Marie Petit, lac Marie Grand, lac Fer,
  • (Roya) Lac de Saorgine, lac Long inférieur, lac Long supérieur, lac Noir, lac Vert de Valmasque, lac Agnel, lac Basto, lac Carbon, lac Fourcat, lac des Grenouilles, lac de la Mouta, lac de Trem.

L’alevinage serait donc interdit au total sur les lacs suivants (+1 par rapport à la période 2017-2019):

  • (secteur Ubaye) lacs du Lauzanier, Enchastraye, Derrière La Croix, Braissette Inférieur et Pelouse ;
  • (secteur Haut-Verdon) lacs d’Allos, Cimet, Petite Cayolle et Encombrette Est ;
  • (secteur Haut-Var Cians) lacs des Garrets et de l’Estrop Ouest ;
  • (secteur Haute-Tinée) lacs Varicles Grand, Montagnette Vens, Cimon Superieur, Ténibre Île, Ténibre Supérieur, Chaffour, Gialorgues Inférieur et Supérieur, Lausset Centre, Morgon Ouest et Nord, Fourchas, Babarottes ;
  • (secteur Vésubie / Moyenne Tinée) lacs Autier, Niré, Frémamorte Ouest et Centre Ouest, Scluos, Balaour Sud et Nord, Blanc, Prals Centre et Est, Fenestre, Graveirette, Bresses supérieur, Mercantour, Scluos, et Bessons Supérieur [nouveau 2020] ;
  • (secteur Roya) : lacs de Conques Intermédiaire, Basto Supérieur, Conques, Inférieur, Gelé, Vert Fontanalbe, Merveilles, Ste-Marie Fontanalbe, Ste-Marie et Huile.

 

IV.- Perspectives après 2022

En reprenant la programmation validée en 2014, seuls 2 nouveaux lacs seraient à soustraire des alevinages, sur la période 2023-2025 : le lac des Grenouilles et le lac Nègre.

Ainsi à partir de 2023, la restauration du fonctionnement naturel des lacs situés dans le cœur du parc national par l’arrêt de l’alevinage représentait…….

  • une inversion complète du nombre de lacs alevinés par rapport au nombre de lac non alevinés, entre 2009 (50 lacs alevinés, 26 lacs non alevinés) et 2023 (50 lacs non alevinés, 26 lacs alevinés) 
  • mais en réalité, un rééquilibrage entre la surface halieutique alevinée et la surface halieutique non alevinée dans le cœur du parc national, entre 2009 (28,6 % de la surface des lacs et laquets se trouvaient non alevinés en 2009, alors qu’elle représente 43,3 % à partir de 2023).

Au total, l’alevinage pourrait donc se poursuivre sur a minima 26 lacs (soit 34% du nombre de lacs) pour une surface de 163,37 ha (soit 56,6% de la surface totale des lacs).

Ce bilan est par ailleurs dressé sans compter les 8 lacs où une reproduction naturelle des poissons (cristivomer, truite fario, omble chevalier) a pu être constatée après leur introduction, et qui pourront donccontinuer à être pêchés.

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Commentaires

Au vue du grand nombre de commentaires, il me semble que la concertation avec le monde de la pêche soit un peu oublié. Les associations agrées pour la pêche et la protection du milieu aquatique et leurs fédérations existent depuis bien plus longtemps sur le territoire du parc. Les propositions de gestion des alevinages sur les différents lacs de montagne des alpes du sud manquent d'argumentation technique (protocole d'étude? résultats? indicateurs?) et malgré tout les interdictions sont croissantes. Dans aucun document on ne retrouve une argumentation de l'impact des alevinages sur le fonctionnement biologique de ces milieux. On voit très rarement des personnes du parc faire des inventaires des espèces aquatiques présentes dans les lacs de montagne (et oui encore difficile de compter les poissons, amphibiens et autres macro-invertébrés avec des paires de jumelles). Dans le tableau reprenant l'évolution du nombre de lacs et des surfaces alevinées depuis 2014, on voit très bien l'objectif sous-jacent de réduire très fortement voir d'interdire la pratique de la pêche en lacs de montagne. Pour information, la présence de poissons dans la plupart des lacs de montagne remonte à plusieurs siècles et de nombreux récits ruraux de nos régions démontrent que ces poissons étaient, avec la chasse, une véritable ressource alimentaire pour les bergers en montagne. Un des lac de montagne les plus connus dans la région reste le lac d'Allos, secteur ultra fréquenté en période estival. Même sur un site aussi facile d'accès (45 min de marche), le pourcentage de pêcheur doit être inférieur a 1% de la fréquentation du site. De plus un grand nombre de pêcheur fréquentant les montagnes sont de véritable amoureux de la nature. lorsqu'ils trouvent des déchets en bordure d'un lac, ils ont très souvent tendance à redescendre avec pour les déposer dans une poubelle. Il est vrai que quelque fois les pécheurs redescendent aussi avec un poisson, mais n'est-ce pas la vocation initiale de l'introduction de ces poissons? Je pense qu'il faut vraiment remettre de la concertation avec l'ensemble des acteurs du territoire du PNM (pas seulement des naturalistes et autre associations extrémistes environnementales qui prônent la non intervention de l'homme à tout bout de champs et sans arguments fondés). Il faudrait réfléchir a une véritable gestion de ces lacs en associant les structures de gestion locales (AAPPMA) et personnels techniques compétants (fédérations de pêche, offices français pour la biodiversité, université Aix Marseille (spécialisée en milieux aquatique) il est dommage de voir que même dans des sites relativement préservés comme le PNM, on se focalise sur un alevinage ou non de lac de montagne, alors que la fréquentation pastorale de certaines vallées est ultra intensive sur de courtes périodes. Ceci peux provoquer de véritables pollutions dans le milieux aquatique (déjections et colmatage par piétinement). Déjà plusieurs communes en aval des zones de pâturage, ont de véritables problèmes de captage d'eau potable suite au pâturage de grands troupeaux. Des dégradations notables se retrouvent dans les cours d'eau et même les lacs lors de l'analyse des macro-invertébré (IBGN-DCE).
En préambule, la fédération de pêche 04 souhaite rappeler que la gestion halieutique des lacs d’altitude est nettement plus ancienne que l’existence du PNM et de la FDAAPPMA 04 elle-même. En effet cette gestion a largement été organisée et initiée par les services de l’Etat sous l’égide des préfets dès le 19ème siècle dans un objectif sanitaire : proposer des apports nécessaires en iode aux populations de montagne et aux bergers en particulier afin d’éviter les séquelles de l’hypothyroïdie (crétinisme alpin) Ces alevinages ont été poursuivis jusque dans les années 40 toujours sous couvert et à la demande des services de l’Etat puis ont été repris conjointement par les collectivités piscicoles (fédérations de pêche et sociétés de pêche), le Conseil Supérieur de la Pêche et la DDAF avec une vision agraire de cette gestion (on sème … on récolte). Cette vision a changé dans les années 90 puis 2000 sous l’impulsion des fédérations de pêche qui ont recruté des hydrobiologistes et sont devenues des organismes d’intérêt général avec une mission double : la protection des milieux aquatiques et la promotion du loisir pêche. Les Fédérations de pêche et l’Office Français pour la Biodiversité sont à ce jour, les seules structures ayant à la fois des missions régaliennes et les compétences nécessaires dédiées uniquement à la protection des milieux aquatiques. A cet égard, à l’image des échanges limités avec les populations des différentes vallées du Mercantour, les Fédérations de pêche ont longtemps été mises de côté dans les choix des changements réglementaires effectués par le PNM quand elles n’étaient pas stigmatisées par les personnels du Parc. Ce n’est que récemment (au début des années 2010), que le PNM a reconnu les compétences des structures associatives de la pêche de loisir en demandant de travailler conjointement sur la gestion piscicole en cœur de Parc. Le PNM a effectivement présenté et proposé des changements de gestion aux collectivités piscicoles … tout en rappelant qu’il avait une feuille de route et des objectifs de « reconquête » des lacs d’altitude qui étaient déjà bien figés. De ce point de vue, il restait peu de marge de manœuvre et de discussion pour les fédérations de pêche. L’Etat confie des missions de protection des milieux aux fédérations de pêche que certains établissements publics souhaitent leur confisquer le plus possible. Malgré tout, la fédération de pêche 04 a joué le jeu et a participé activement à concourir à certaines études en coportant au moins pendant un temps le porter à connaissance sur le lac du Lauzanier et en participant au projet « lacs sentinels » dans la 1ère moitié des années 2010. Ce projet dont l’objectif initial était la reconquête des milieux, s’est transformé, faute de preuves à charge suffisantes, en projet de monitoring au long cours des lacs d’altitude de l’arc alpin en repoussant d’année en année les projets concrets de restauration sauf à dire qu’il fallait arrêter les alevinages. Les études montraient que la mise en avant d’un état initial était bien plus complexes que ce qu’il n’y paraissait, l’origine des perturbations anthropiques étant multifactorielle et le positionnement du curseur « temps » pour définir l’état initial, bien difficile à dater. Ce projet qui devait être un projet de gestionnaire est devenu un projet de chercheur dans lequel notre fédération ne se retrouvait pas et a donc décidé de quitter le GIS « lacs sentinels ». La seule chose que l’on peut retenir de ce projet, c’est que chaque lac est différent et rentre difficilement dans des cases biotypologiques et que par ailleurs, la solution de restauration pour certains lacs peut également être la cause de dégradation pour d’autres lacs. A cet égard, les objectifs de réduction des lacs alevinés de manière globale et non au cas par cas, va à l’encontre de l’avis des scientifiques. Les objectifs restent les mêmes pour le PNM depuis sa création : retirer petit à petit des lacs d’altitude aux pêcheurs, inverser la part des lacs pêchés pour atteindre l’objectif de restauration des fonctionnalités sans connaitre, dans la plupart des cas l’état initial des lacs d’altitude. Depuis le retrait de la Fédération du GIS « lacs sentinels », l’activité pêche est de nouveau pointée du doigt en la rendant coupable de l’état des lacs de montagne et en occultant largement le rôle d’autres activités comme le pastoralisme ou le tourisme de masse. D’ailleurs, ce projet d’arrêté n’a pas été envoyé pour avis à la Fédération de pêche 04, alors que pour le reste du territoire, les textes précisent l’obligation réglementaire de consulter la Fédération en amont des enquêtes publiques quand cela touche les milieux aquatiques. Ce projet d’arrêté précise d’emblée dans les considérants que « l’introduction régulière de poissons en vue d’une mise en valeur halieutique comme une activité ayant une influence négative sur le fonctionnement naturel des lacs de montagne » alors même que certains scientifiques évoque la possibilité que la concentration par les poissons, de la matière organique provenant du pastoralisme et du tourisme de masse, puis leur exportation par les pratiquants de la pêche de loisir peut être l’un des moyens pour limiter le phénomène de modification trophique rencontré sur certains lacs d’altitude. Le projet d’arrêté rappelle dans le considérant suivant que « ce même objectif énonce que les décisions de gestion les concernant visent à restaurer un fonctionnement plus naturel. (…) Cette restauration s’attachera à rétablir les chaînes trophiques naturelles » alors même que l’état initial est souvent méconnu. Il s’agit là d’une position dogmatique alors même qu’il parait clair que le poisson peut être un facteur aggravant pour certains lacs et un facteur atténuant pour d’autres mais que dans les deux cas, il convient de fixer des objectifs individualisés à chaque lacs en lieu et place d’un objectif quantitatif global visant surtout à stigmatiser et à exfiltrer les pêcheurs du cœur de parc. Enfin, il semblerait que les collectivités piscicoles des Alpes de Haute Provence n’aient pas été entendues sur leur projet de remplacement de la truite commune de souche atlantique dans la Serpentine, exutoire du lac d’Allos, par la truite commune de souche méditerranéenne du Verdon par translocation d’une partie de la population issue du bassin du Haut Verdon. A cet égard, l’article 3 du projet d’arrêté rend impossible cette opération pourtant demandée auprès du Parc. En conclusion, la Fédération pour la Pêche et la Protection des Milieux Aquatiques des Alpes de Haute Provence rappelle qu’elle n’a pas été consultée à minima par écrit concernant ce projet d’arrêté, en amont de la consultation publique. La FDAAPPMA 04 souhaite une modification des deux premiers considérants et de l’article 3 du projet d’arrêté.
En préambule, la fédération de pêche 04 souhaite rappeler que la gestion halieutique des lacs d’altitude est nettement plus ancienne que l’existence du PNM et de la FDAAPPMA 04 elle-même. En effet cette gestion a largement été organisée et initiée par les services de l’Etat sous l’égide des préfets dès le 19ème siècle dans un objectif sanitaire : proposer des apports nécessaires en iode aux populations de montagne et aux bergers en particulier afin d’éviter les séquelles de l’hypothyroïdie (crétinisme alpin). Cependant, on retrouve des traces de poissons dans les carottes sédimentaires dès l’époque romaine (date la plus lointaine explorée par le laboratoire de l’université de Haute Savoie sur le lac du Lauzanier). Ces alevinages ont été poursuivis jusque dans les années 40 toujours sous couvert et à la demande des services de l’Etat puis ont été repris conjointement par les collectivités piscicoles (fédérations de pêche et sociétés de pêche), le Conseil Supérieur de la Pêche et la DDAF avec une vision agraire de cette gestion (on sème … on récolte). Cette vision a changé dans les années 90 puis 2000 sous l’impulsion des fédérations de pêche qui ont recruté des hydrobiologistes et sont devenues des organismes d’intérêt général avec une mission double : la protection des milieux aquatiques et la promotion du loisir pêche. Les Fédérations de pêche et l’Office Français pour la Biodiversité sont à ce jour, les seules structures ayant à la fois des missions régaliennes et les compétences nécessaires dédiées uniquement à la protection des milieux aquatiques. A cet égard, à l’image des échanges limités avec les populations des différentes vallées du Mercantour, les Fédérations de pêche ont longtemps été mises de côté dans les choix des changements réglementaires effectués par le PNM quand elles n’étaient pas stigmatisées par les personnels du Parc. Ce n’est que récemment (au début des années 2010), que le PNM a reconnu les compétences des structures associatives de la pêche de loisir en demandant de travailler conjointement sur la gestion piscicole en cœur de Parc. Le PNM a effectivement présenté et proposé des changements de gestion aux collectivités piscicoles … tout en rappelant qu’il avait une feuille de route et des objectifs de « reconquête » des lacs d’altitude qui étaient déjà bien figés. De ce point de vue, il restait peu de marge de manœuvre et de discussion pour les fédérations de pêche. L’Etat confie des missions de protection des milieux aux fédérations de pêche que certains établissements publics souhaitent leur confisquer le plus possible. Malgré tout, la fédération de pêche 04 a joué le jeu et a participé activement à concourir à certaines études au moins pendant un temps : porter à connaissance sur le lac du Lauzanier et adhésion au projet « lacs sentinelles » dans la 1ère moitié des années 2010. Ce projet dont l’objectif initial était la reconquête des milieux, s’est transformé, faute de preuves à charge suffisantes, en projet de monitoring au long cours des lacs d’altitude de l’arc alpin en repoussant d’année en année les projets concrets de restauration sauf à dire qu’il fallait arrêter les alevinages. Les études montraient que la mise en avant d’un état initial était bien plus complexe que ce qu’il n’y paraissait, l’origine des perturbations anthropiques étant multifactorielle et le positionnement du curseur « temps » pour définir l’état initial, bien difficile à placer. Ce projet qui devait être un projet de gestionnaire est devenu un projet de chercheur dans lequel notre fédération ne se retrouvait pas et a donc décidé de quitter le GIS « lacs sentinelles ». Les deux seuls éléments que l’on peut retenir de ce projet, c’est que chaque lac est différent et rentre difficilement dans des cases biotypologiques et que par ailleurs, la solution de restauration pour certains lacs peut également être la cause de dégradation pour d’autres lacs. De ce point de vue, les objectifs de réduction des lacs alevinés de manière globale et non au cas par cas, va à l’encontre de l’avis des scientifiques. Les objectifs restent les mêmes pour le PNM depuis sa création : retirer petit à petit des lacs d’altitude aux pêcheurs, inverser la part des lacs pêchés pour atteindre l’objectif de restauration des fonctionnalités sans connaitre, dans la plupart des cas, l’état initial des lacs d’altitude. Depuis le retrait de la Fédération du GIS « lacs sentinelles », l’activité pêche est de nouveau pointée du doigt en la rendant coupable de l’état des lacs de montagne et en occultant largement le rôle d’autres activités comme le pastoralisme ou le tourisme de masse. D’ailleurs, ce projet d’arrêté n’a pas été envoyé pour avis à la Fédération de pêche 04, alors que pour le reste du territoire, les textes précisent l’obligation réglementaire de consulter la Fédération en amont des enquêtes publiques quand cela touche les milieux aquatiques. Le Parc n’a-t-il pas une obligation de consulter les acteurs locaux ? même sans obligation, l’intégration des acteurs locaux n’est-elle pas un objectif de la charte actuelle ? Ce projet d’arrêté précise d’emblée dans les considérants que « l’introduction régulière de poissons en vue d’une mise en valeur halieutique comme une activité ayant une influence négative sur le fonctionnement naturel des lacs de montagne » alors même que certains scientifiques évoque la possibilité que la concentration par les poissons, de la matière organique provenant du pastoralisme et du tourisme de masse, puis leur exportation par les pratiquants de la pêche de loisir peut être l’un des moyens pour limiter le phénomène de modification trophique rencontré sur certains lacs d’altitude et ralentir ainsi leur comblement. Le projet d’arrêté rappelle dans le considérant suivant que « ce même objectif énonce que les décisions de gestion les concernant visent à restaurer un fonctionnement plus naturel. (…) Cette restauration s’attachera à rétablir les chaînes trophiques naturelles » alors même que l’état initial est souvent méconnu. Il s’agit là d’une position dogmatique alors même qu’il parait clair que le poisson peut être un facteur aggravant pour certains lacs et un facteur atténuant pour d’autres mais que dans les deux cas, il convient de fixer des objectifs individualisés à chaque lacs en lieu et place d’un objectif quantitatif global visant surtout à stigmatiser et à exfiltrer les pêcheurs du cœur de parc. Enfin, il semblerait que les collectivités piscicoles des Alpes de Haute Provence n’aient pas été entendues sur leur projet de remplacement de la truite commune de souche atlantique dans la Serpentine, exutoire du lac d’Allos, par la truite commune de souche méditerranéenne du Verdon par translocation d’une partie de la population issue du bassin du Haut Verdon. A cet égard, l’article 3 du projet d’arrêté rend impossible cette opération pourtant demandée auprès du Parc. En conclusion, la Fédération pour la Pêche et la Protection des Milieux Aquatiques des Alpes de Haute Provence rappelle qu’elle n’a pas été consultée à minima par écrit concernant ce projet d’arrêté, en amont de la consultation publique et qu’elle souhaite une modification des deux premiers considérants et de l’article 3 du projet d’arrêté.
J’invite tout le monde à regarder le site: « archivesescapades.fr » du magazine des Armées Françaises, 66/10. Après un documentaire sur le porte avion Foch, il y a un reportage très intéressant sur le lac Nègre dans le Mercantour. En effet, en 1958, pour célébrer l’année Géophysique, l’Armée Française a effectué des expérimentations en pratiquant des explosions, et ce à 8 reprises, dans le lac Nègre. Quelques années après, les hommes des vallées de la Tinée et de la Vésubie ont procédé à l’alevinage du lac Nègre. C’est dans ces conditions que des gardes du Parc National du Mercantour ont pu s’apercevoir, à l’ouverture de celui ci - soit 22 ans après - qu’il y avait du poisson dans le Lac Nègre. Étant âgé de plus de 99 ans, je peux d’autant plus en témoigner aujourd’hui que j’ai assisté plusieurs fois à l’alevinage de ce lac : j’étais à cette époque dans les secours en montagnes de la CRS6 - de 1953 à 1968. Il me semble que cette remise en cause de la protection de ces espaces par nos ancêtres n’est que pure idéologie. Marius René MELAN
Oui pour les alevinages des lacs de montagne en zone cœur du PNM. Cette pratique a commencé à dos d’hommes il y a plus de 130 ans sur le lac de Rabuons dans la vallée de la Tinée avec de beaux résultats car en 1905 la pêche se pratiquait en barque et aux filets sur le lac . Consulter les archives de Fodéré et de Victor de Cessole au début du siècle dernier. Cette pratique s’est ensuite étendue à d’autres lacs toujours à dos d’hommes. Si en1979 un parc national a été créé c’est aussi pour la biodiversité qu’il y avait à l’époque. Aujourd’hui tout cela tant à disparaître depuis 40 ans que le Parc du Mercantour existe nous avons vu une évolution négative quant à l’alevinage des lacs de montagne et à leur gestion (aucune). Sous prétexte de restaurer le fonctionnement naturel des lacs comme le précise la charte dans son objectif XI nous ne pouvons plus aleviner un grand nombre de lacs. Sachant que les vairons qui les habitent ne seront jamais éradiqués pour revenir à un état naturel. Le fait qu’il ne soit plus aleviner donc plus de prédateur (salmonidés et pêcheurs) de ce fait les populations de vairons vont exploser. Sachant que les conditions climatiques actuelles ne sont plus favorables comme au temps jadis où les tributaires étaient en eau toute l’année aujourd’hui ce n’est plus le cas et par la même la reproduction naturelle est nulle. Le Parc National compte une multitude de lacs encore dans leur état naturel pourquoi alors pénaliser les pêcheurs à croire qu’il faudrait que plus personne ne se rende dans le Parc. Fit d’une économie locale Rando Pêche avec un public séjournant dans les vallées. A savoir que ce n’est pas la fréquentation des pêcheurs sur les lacs qui peut pénaliser la nature, le ratio pêcheur randonneur doit être de 1 pour mile et cela ne dure que 3 mois dans l’année. Les différentes AAPPMA qui ont les baux de pêche et la gestion de ces lacs par leur statuts ne comprennent pas la démarche du Parc : aucun rendu d’études, plus aucune concertation avec nous gestionnaire et pour cette cette nouvelle enquête nous n’en avons pas été informés. Par contre des rumeurs émanant du Parc parlent de pratiquer des pêches aux filets afin de faire un inventaire piscicole des dits lacs. Bravo et merci au Parc pour faire mourir des poissons pour rien, sous prétexte d’études. Déjà que le développement ces populations de salmonidés est lent aux vues des conditions climatiques actuelles. Les relations ainsi ne peuvent être que tendues entre le Parc et nous et nous n’acceptons pas cet état de fait ou l’on nous impose des règles qui ne sont pas validées par les AAPPMA.
Il faut de nouveau regretter le peu de publicité et de communication fait autour de cette 3e consultation: pas de relai sur la page facebook du mercantour alors que la consultation concernant le projet de réforme de la réglementation VTT en cours y figure, ni dans aucune mairie... seulement 20 commentaires en ce dernier jour de consultation; Les 2 précédentes consultations sur le sujet des alevinages en 2014 et 2016 étaient restées encore plus confidentielles: par rapport aux 20 000 habitants permanents de la zone d'adhésion et les dizaines de milliers de personnes fréquentant le parc, le ratio est quasi nul. et à lire les avis des responsables de la pêche, il semble que la communication ou la coopération du parc avec ces acteurs soit difficile….(ou est-ce intentionnel?!) Concernant le fond du sujet,mis à part une affirmation gratuite figurant dans le projet d'arrêté ou dans la charte, rien ne prouve que “l’introduction de poissons ait une influence négative ou perturbe le fonctionnement naturel des lacs de montagne”! La consultation manque d’éléments et de données scientifiques permettant au public sollicité de se faire une idée de l’impact des alevinages. Quelles sont les données obtenues sur les lacs dont l’alevinage a été stoppé depuis 2014? idem sur les données permettant de prioriser les lacs à restaurer et notamment l'intérêt de protection des lacs, intérêts naturalistes des lacs etcetc… enfin pour une entité qui défend ouvertement le patrimoine culturel, quel dommage de gâcher le travail et la passion des habitants des vallées de tant de générations!