Parc national du Mercantour
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Plan de restauration et de suivi des zones humides situées dans les alpages du Parc

Les milieux humides d'altitude sont une richesse importante du patrimoine naturel du Mercantour. Ils sont situés principalement dans les alpages qui sont exploités par le pastoralisme. Cette activité peut dégrader les zones humides et lacs d'altitude de faible profondeur du fait de la pollution engendrée par les déjections et le piétinement.

1.Contexte

L’objectif XI de la charte du Parc national du Mercantour concerne la préservation des zones humides. De 2018 à 2021, dans le cadre de l’appel à projets « biodiversité » de l’agence de l’eau Rhône-Méditerranée Corse, le Parc a mis en place un plan de restauration des zones humides situées dans 45 alpages. Ce travail a été réalisé avec l’aide des Conservatoires botaniques nationaux alpin et méditerranéen. Il comprend trois grandes étapes : une première de description des zones humides. Une deuxième phase d’animation auprès des éleveurs et des bergers. Enfin une troisième étape de mise en place de suivi des zones humides. L’ensemble de ces informations sont centralisées dans un tableau de bord géographique.

 

2. Présentation du projet et résultats principaux

Les milieux humides d'altitude sont une richesse importante du patrimoine naturel du Mercantour. Ils sont situés principalement dans les alpages qui sont exploités par le pastoralisme. Cette activité peut dégrader les zones humides et lacs d'altitude de faible profondeur (pollution engendrée par les déjections et piétinement).

Dans le contexte de changement climatique, ces milieux seront les premiers impactés par la sécheresse estivale et donc particulièrement sensibles. C'est pourquoi, le Parc a construit un plan de restauration et de suivi pour l'ensemble des zones humides situées dans les alpages, soit 45 sites.

Les objectifs sont :

  • d'expertiser les sites et d'en vulgariser les conclusions sous forme de notices de gestion,
  • de mettre en œuvre les actions identifiées dans ces dernières en concertation avec les éleveurs et les bergers (notamment pose de clôtures et mises en défens),
  • de mettre en place un suivi de l'état de conservation de ces milieux sur dix sites pilotes,
  • de disposer d'un tableau de bord géographique spécifique qui mette en relation toutes les données et permette de visualiser l'état des zones humides et d'en mesurer les évolutions dans le temps.

Les CBN ont réalisé la cartographie des habitats naturels des zones humides et l’évaluation de leur état de conservation au 1/10 000, ainsi que l’inventaire de la flore patrimoniale des zones humides. 234 hectares ont été cartographiés : 42 % en bon état de conservation, 38 % dans un état moyen et 19 % en mauvais état de conservation. Les menaces observées sont liées au pastoralisme, aux stations de ski, à l’assainissement en site isolé ou à la fréquentation touristique. 16 habitats naturels ont été identifiés, divers types de bas-marais d’altitude, de végétations lacustres, de torrents ou de sources.

Les notices de gestion à destination des éleveurs et des bergers présentent les enjeux de préservation des zones humides d’altitude, les fonctions qu’elles jouent, leur vulnérabilité. Des planches photographiques illustrent les espèces patrimoniales ainsi que les espèces indicatrices de dégradation. Enfin des recommandations de gestion sont explicitées à la fois sur carte et par des photographies commentées.

Ces notices de gestion ont été diffusées en 40 exemplaires, transmises à tous les partenaires administratifs et agricoles, et remises en main propre aux éleveurs ou bergers concernés.

La mise en œuvre des actions de gestion par les agents du PNM a nécessité un temps important de discussion avec les éleveurs et les bergers. Les zones humides protégées en priorité par une mise en défends ont été choisies en fonction de leur état de conservation, de l’origine et du type de dégradation (piétinement ou eutrophisation ? apports diffus liés à une couchade ou apports directs ?), de la présence d’espèces remarquables et finalement de la faisabilité pour l’éleveur et le berger.

18 défends ont été progressivement mis en place sur environ 16 ha ; la surface moyenne des défends étant de 1,5 ha. Selon le contexte, diverses solutions ont été mises en œuvre :

  • clôture tout bois, piquets bois et ruban, fils, filets électrifiés ou non...
  • matériel de l’éleveur, du PNM, financé par l’ONF ou l’AgE...
  • installation/désinstallation faites par l’éleveur et/ou son berger et/ou les agents du PNM, avec l’aide des détenus de la maison d’arrêt de Nice…
  • dates d’installation/désinstallation à adapter, parfois plusieurs fois dans la saison…

L’enjeu pour l’ensemble de ces défends est leur pérennisation dans la durée en les inscrivant dans les différents documents de gestion.

10 sites de suivi ont finalement été sélectionnés parmi les habitats les plus vulnérables aux changements globaux (a priori), les plus remarquables et sur certaines zones humides présentant une modification des pratiques de gestion. Une attention a également été apportée afin que les sites soient accessibles et en cohérence avec les autres dispositifs sentinelles. Les indicateurs de la boîte à outils Rhoméo ont été utilisés : niveau d’humidité du sol, indice floristique d’engorgement, de fertilité du sol et vulnérabilité à l’eutrophisation.

 

Ces travaux sont menés avec le soutien financier de l'Agence de l'Eau.​

Bandeau logos partenaires Projet Zones humides

Bandeau logos partenaires Projet Zones humides, par mancely

 

Pour plus d'informations :

 

 

Les notices de gestion par site :