Parc national du Mercantour
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Programme Alcotra CCLIMATT

Étude des impacts du changement climatique sur le massif du Mercantour

Le réchauffement constaté dans les Alpes depuis les années 1950 atteint environ 2°C. C’est la région naturelle qui subit le plus l’effet du changement climatique en France métropolitaine avec un niveau de réchauffement deux fois supérieur en comparaison de l’élévation des températures observée à l’échelle mondiale.Les milieux naturels qui font la richesse du massif du Mercantour sont donc confrontés à des modifications rapides dont les processus et les conséquences sont encore difficile à appréhender à l’heure actuelle.

Ce constat partagé a conduit les partenaires du programme ALCOTRA CCLIMATT (Changement climatique dans le territoire transfrontalier) à mener des actions en faveur de l’amélioration des connaissances des tendances et des effets du changement climatique sur les milieux naturels et les activités humaines dans les Alpes du Sud.

Le programme d’une durée de 3 ans est déployé sur les territoires des Parcs nationaux du Mercantour et des Écrins ainsi que sur les territoires des Parcs italiens Alpi Marittime, Gesso e Stura et de l’union des communes du Langa et du Barolo

La tendance générale observée dans les Alpes du Sud est qualifiée de « méditerranéisation » du climat. Le massif du Mercantour, de part les singularités climatiques et géologiques qui s’y expriment, peut être considéré comme le fruit d’un assemblage climatique nourri par des influences alpines et méditerranéennes. La part relative de ces deux courants d’influence devrait donc évoluer dans les prochaines années. Les impacts et les réponses des milieux et des espèces à ces bouleversements environnementaux ne seront pas homogènes sur le territoire.

Dans le Parc national du Mercantour, les travaux scientifiques portent prioritairement sur les milieux et les espèces les plus vulnérables vis-à-vis du changement climatique. C’est le cas notamment des milieux naturels de haute altitude et des espèces dites « articoalpines » comme le Lièvre variable ou le Lagopède alpin par exemple. Ces composantes patrimoniales de la biodiversité du Mercantour se trouvent souvent en limite de leur aire de répartition ce qui accroît leur vulnérabilité au changement climatique.

Sous l’effet de l’élévation des températures, la biodiversité répond et s’adapte en faisant appel à plusieurs stratégies combinées :

  • l’une des plus courantes et qui fait l’objet d’observations bien documentées désormais est qualifiée de « traque à l’habitat ». Les espèces ont tendance à se déplacer pour suivre leur optimum climatique c’est à dire qu’elles se déplacent en suivant les conditions de vie et de climat auxquelles elles sont adaptées. Ces déplacements sont conditionnés par les capacités de mobilité propres à chaque groupe et aux continuités paysagères qui s’offrent à elles ;
     
  • une seconde stratégie d’adaptation vise à modifier le rythme saisonnier de développement des espèces en avançant ou en retardant le cas échéant des périodes clefs de développement des espèces qu’il s’agisse de la période de reproduction ou des processus de migration par exemple ;
     
  • enfin, la réponse d’adaptation la plus profonde s’exprime par des évolutions génétiques qui permettent aux espèces de s’adapter à leurs nouvelles conditions de vie. Les mécanismes sous-jacents aux évolutions génétiques sont mal connus aujourd’hui et les délais de réponse peuvent parfois être longs.

 

Afin de mieux comprendre l’ampleur des changements en cours à venir, plusieurs axes de travail ont été identifiés et font l’objet de travaux spécifiques :

  • l’étude de la répartition spatiale et de l’état de santé des populations de Lièvre variable et de Lagopède alpin ;
     
  • le suivi de la répartition spatiale et altitudinale des communautés d’orthoptères (criquets, grillons et sauterelles) dans le temps ;
     
  • l’étude de la réponse des communautés végétales d’altitude. Une attention particulière est accordée aux alpages d’altitude qui présentent une vulnérabilité accrue au changement climatique et aux aléas climatiques induits. Ces milieux, support d’une activité pastorale traditionnelle, sont caractérisés par des enjeux environnementaux et patrimoniaux forts et la compréhension des mutations en cours constitue l’une des clefs d’adaptation des pratiques et d’accompagnement des usagers.

Outre un volet d’étude scientifique conséquent, le programme CCLIMATT vise également à diffuser plus largement les connaissances acquises sur le changement climatique en intervenant auprès des populations locales afin de mettre en évidence et de promouvoir des actions concrètes d’atténuation et d’adaptation au changement climatique.

 

Cahier thématique du groupe de travail "Montagne" :
Impacts du changement climatique et transition(s) dans les Alpes du Sud