Parc national du Mercantour
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Programme Life GypHelp

Le Parc national du Mercantour poursuit son action en faveur du gypaète barbu avec le soutien de l'Union européenne.

Logo du projet Life GypHelp

 

Depuis la réintroduction du gypaète barbu dans le Sud des Alpes en 1993, opération qui s'est poursuivie jusqu'en 2015 (45 oiseaux lâchés au total), 4 couples sont désormais installés dans le Mercantour. Le premier en 2008, dans les Alpes-de-Haute-Provence, puis un second en 2015 dans les Alpes-Maritimes. En 2016 s'ajoutent 2 nouveaux couples, sur des secteurs proches. Il s’agit là d’une véritable réussite quand on sait que le gypaète est l'une des espèces de vautours les plus menacées en Europe.

Après avoir disparu au début du 20ème siècle dans les Alpes françaises, il a été réintroduit dans les Alpes à partir de 1986 dans le cadre d'un programme international auquel le Parc national du Mercantour et le Parco naturale Alpi Marittime se sont associés à partir de 1993. Son implantation actuelle reste fragile, car le gypaète barbu n'atteint sa maturité sexuelle qu'à partir de l'âge de 6 ans et le succès annuel de la reproduction reste aléatoire.

Tenao et Costa, deux gypaètes barbus lâchés à Vignols en 2013

Tenao et Costa, deux gypaètes lâchés à Vignols en 2013, par Mathieu Ancely

 

Grâce au programme de réintroduction, 216 oiseaux ont été réintroduits dans l'arc alpin, 39 couples se sont cantonnés, et 202 jeunes sont nés en nature. La tendance des effectifs commence à redevenir favorable à l'échelle des Alpes. Mais le statut de l’espèce en Europe demeure fragile, du fait d’une reproduction aléatoire, d’une mortalité juvénile élevée et du devenir des jeunes jusqu'à l'âge adulte qui peut-être compromis via de nombreux risques.

Dans les Alpes du sud, par exemple, le couple de l'Ubaye s'est reproduit en 2008, puis deux échecs successifs ont été observés en 2009 et 2010. Il aura fallu attendre 2014-2015, pour qu'un nouveau couple réussisse à s'installer et à élever un jeune dans la vallée de la Tinée, après plusieurs échecs. Enfin en 2016, il y a deux jeunes couples supplémentaires, avec une reproduction réussie pour l'un d'eux en 2017. A ce jour, ce sont 11 jeunes qui ont pris leur envol dans les Alpes du Sud.

Poursuivant son action durable en faveur du gypaète barbu, le Parc national du Mercantour a obtenu le soutien de l'Europe en s'engageant avec de nombreux partenaires dans le nouveau projet européen Life GypHelp (LIFE13/NAT/F3R/00009), démarré en 2014.

Ce programme vise précisément à consolider les effectifs à long terme et à limiter la mortalité de l'espèce. Il concerne l'espace vital du gypaète barbu dans les Alpes françaises où nichent actuellement 10 couples reproducteurs.

D'autres partenaires se sont associés, à l'instar du Parc national du Mercantour, par une convention autour de ce projet LIFE GypHelp coordonné par l'association Asters (Conservatoire des espaces naturels de Haute-Savoie) : le Parc national de la Vanoise, la Vulture Conservation Foundation (VCF), la Fédération des chasseurs de Haute-Savoie, l'Observatoire des galliformes de montagne et ERDF.

L'Union européenne finance le programme à hauteur de 900 000 €, les co-financeurs étant la Région Rhône-Alpes, la DREAL et ERDF.

Bandeau des logos des partenaires du programme Life Gyphelp

Partenaires du programme Life Gyphelp

 

Chaque partenaire mènera ainsi des actions sur la durée du Life, de 2014 à 2018, afin d'éviter le dérangement de la reproduction par les activités humaines, de limiter la mortalité des adultes, en particulier par percussion contre les câbles aériens ou par intoxication. Sont, par exemple, prévues des mesures pour la surveillance de sites de nidification, la visualisation de câbles aériens et la sensibilisation des publics.

C'est ainsi toute l'avifaune des milieux ouverts et rocheux de montagne, dont les grands rapaces et les galliformes, sujets aux mêmes menaces, qui bénéficiera des efforts de conservation déployés pour cette espèce parapluie* que représente le Gypaète barbu.

Afin de compléter les nombreuses actions déjà engagées pour l'espèce, le projet Life GypHelp permet au Parc national du Mercantour et à ses partenaires de mettre en œuvre les actions suivantes :

  • le suivi scientifique des individus relâchés via un réseau d'observateurs et aussi grâce à des données géolocalisées (pose d'un émetteur sur les jeunes réintroduits), participation au suivi international de la population des Alpes et protocole de suivi des couples reproducteurs,
  • la sensibilisation aux menaces subies par l'espèce, auprès du grand public et des professionnels de la montagne,
  • l'identification et l'équipement en balises spécifiques à l’avifaune des câbles dangereux en partenariat pour les lignes électriques avec la LPO-PACA, ENEDIS, RTE, et en relation avec les gestionnaires des domaines skiables sur plusieurs sites pilotes :
    • 1 site en Ubaye : équipement de la ligne électrique du fort Roche La Croix sur la commune de Val d’Oronaye et étude en cours sur la problématique des câbles des remontées mécaniques en vue de leur équipement en matériel de visualisation,
    • 3 sites dans le Haut-Var / Cians : Beuil, Les Launes et Valberg,
    • 2 sites dans le Haut-Verdon : Allos et Praloup,
  • la veille toxicologique, avec la surveillance de l'intoxication au plomb ou autres contaminants par l'analyse systématique des cadavres, ou du matériel prélevé à proximité des nids (plumes et crottes).

 

Le programme VCF

À l'échelle internationale, le programme de réintroduction se poursuit, coordonné par la Vulture Conservation Foundation (VCF), pour renforcer la diversité génétique de l'espèce, garante d'une meilleure viabilité de la population à long terme.

Beaucoup d'oiseaux descendent en effet de mêmes individus fondateurs et la stratégie de la VCF est aujourd'hui de diversifier le patrimoine génétique des oiseaux reproducteurs et de contribuer à la formation d'un corridor favorable aux échanges d'individus entre les Alpes et les Pyrénées où l'espèce est encore bien présente.

Un nouveau projet LIFE GYPCONNECT est en cours : les sites prioritaires pour les prochains lâchers se situent désormais dans les préAlpes (Baronnies et Vercors) et les Grands Causses-Cévennes.

Malheureusement en 2017, sur 10 oiseaux lâchés, 4 sont morts avant leur émancipation, dont 1 en Suisse, 2 dans le Vercors et 1 dans les Baronnies.

La conservation de la population Corse est également urgente (lignée génétique spécifique), avec peu de couples et l’absence de reproduction observée ces dernières années, situation qui a nécessité de procéder à des lâchers urgents en 2016 puis 2017 (soit 4 oiseaux), associés à des mesures de gestion pour contrecarrer la perte d'habitats et le manque de ressources alimentaires. Des mesures nécessaires pour sauver cette population insulaire.

Gypaète barbu en vol

Gypaète barbu en vol, par F.Breton/PNM

 

 

Pour en savoir plus :

 

 

 

Meeting annuel du gypaète barbu 2014, par Enrico Gombala

 

Bonnes pratiques pour photographier le gypaète barbu :

 

Zones de sensibilités majeures (ZSM) :

Le survol d'aéronefs à basse altitude sur les sites de reproduction est une cause de perturbation avérée.

Pour gérer au mieux ce risque et conformément au protocole établit entre le ministère de la défense et la LPO, une Zone de Sensibilité Majeure (ZSM) est établie sur chaque site de reproduction connu. Les ZSM sont représentées sur les cartes ci-dessous et comprennent :

  • une zone délimitée d'un trait noir où le survol de tout aéronef est à proscrire à moins de 3000 m d'altitude ;
  • une zone délimitée d'un trait rouge où il faut éviter les intrusions à pied.

 

La nidification du Gypaète se déroule entre novembre et août, avec envol du jeune durant l'été s'il arrive au terme de sa croissance. Durant cette période, tout dérangement peut provoquer l'abandon de l'aire et l'échec de la reproduction ; le moment le plus délicat se situe durant la ponte, la couvaison et la première période d'élevage.

En cas de non respect de ces périmètres, il pourra être considéré qu'il s'agit d'un dérangement intentionnel en référence à l'article 1 de l'arrêté ministériel du 12 décembre 2005 portant interdiction de la perturbation intentionnelle du Gypaète barbu.