Parc national du Mercantour
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Marie Chevrollier

Vallée du Haut-Var

Paysanne et fromagère, compagne de Samuel Nydegger

"J'ai vraiment l'impression d'être à ma place ici"

Marie Chevrollier

Portrait par Eric Lenglemetz
Recueil de témoignage par Noëlie Pansiot

 

Je vais traire dehors, je lève la tête et tac, j’ai les oiseaux et les insectes tout autour de moi. Et puis je touche l’animal, je suis toujours en relation avec, il n’y a pas de machine à traire, c’est un contact peau à peau avec les brebis, qui est très agréable.

Je ressens un certain bien être, je n’ai pas le besoin de faire autre chose. C’est vraiment un moment où je suis moi-même en fait. Je suis moi, avec tout ce qu’il y a autour.
Je ne suis pas moi dans une maison ou dans un truc artificiel. C’est moi avec l’animal.

Et s’il pleut un peu, et bien je me ramasse une petite pluie, mais je suis bien parce que les brebis sont mouillées elles aussi. Je perçois tout ça de manière globale, dans le sens où après la traite, une fois que le seau est plein de lait, je me dis que tout ça est passé à travers mes mains, que je vais en faire quelque chose que les gens vont manger. Un produit du pâturage, un produit d’ici. Puis les gens auront quelque chose qu’ils apprécient à se mettre sous la langue. Et ça, ça a du sens.

Pour moi, la passion ce n’est pas seulement quelque chose de concret, c’est aussi sentir pleinement qu’on fait partie d’une chaîne qui a du sens, depuis le début, jusqu’à la fin.
Du coup, j’ai vraiment l’impression d’être à ma place ici.

Ce qui serait bien, ça serait de sensibiliser tout le monde à ces énergies et à ce sens que je peux ressentir. Que les gens puissent comprendre la montagne de la même manière que moi. Pour qu’ils regardent la nature et qu’ils la voient vraiment. Qu’ils ne passent pas à côté, qu’ils sortent la tête de leur téléphone portable, de leurs écrans et qu’ils perçoivent cette réalité. Pour se remettre dans des bonnes baskets, rien de tel qu’un sentier de randonnée ou bien venir faire une petite expérience à la ferme.

Ici, on accueille des gens afin qu’ils découvrent que c’est possible de vivre autrement.
On essaie de leur transmettre tout ça, pour qu’ils aiguisent leur sensibilité : un beau paysage, la senteur d’une fleur, toutes ces petites choses...