Parc national du Mercantour
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Marion Schuller

Vallée du Haut-Var

Institutrice, mère de Mathias et Paul

« J’ai fait le choix de m’installer à plein temps ici. D’y travailler, d’y vivre, d’y élever mes enfants. »

Marion Schuller

Portrait par Eric Lenglemetz
Recueil de témoignage par Noëlie Pansiot

 

Transmettre

Du côté professionnel, j’ai toujours aimé travailler avec les enfants. Le premier métier que j’ai fait, c’est animatrice et après, ça ne m’a pas quitté. Je suis une personne très curieuse et c’est ça que j’ai envie de transmettre à mes élèves, la curiosité. Avec du coup, l’envie d’apprendre et de découvrir, d’en faire des personnes qui, à leur tour, auront envie de transmettre leur savoir, en toute modestie. 

Je pense que le rôle d’instit est important partout. Après, c’est vrai que dans un petit village, on a un lien particulier parce qu’on se connaît parfois en dehors, ce sont des amis, ce sont les gens qui tiennent les commerces, les restaurants, les magasins, donc on les connaît tous. Je dis toujours aux parents en début d'année : ce qui est primordial, c'est que l'enfant ait envie de venir à l'école. En ce sens, je pense que si on a cette confiance et ces échanges avec ses parents, l’enfant ira en confiance. Et c’est déjà beaucoup pour la scolarité.

 

Un choix de vie

J’ai fait le choix de m’installer à plein temps ici. D’y travailler, d’y vivre, d’y élever mes enfants.

C’est un milieu très privilégié ici, on est loin de l’agitation de la ville, on a des petites écoles. Les enfants sont au milieu de la nature, en sécurité. C’est une autre vie que la vie citadine qui ne me correspondait pas du tout. 

Petite, mes premières années, j’ai vécu à Gréolières-les-neiges et à Gréolières village. J’ai donc passé mes six premières années dans un tout petit village, où ma mère était instit du village aussi. Ici, je retrouve un peu cette ambiance de petite fille en fait. Tout le monde se connaît : on est quelqu’un, on n’est pas anonyme comme en ville.

C’est un choix de qualité de vie. On est au milieu de la nature, les enfants font du ski à l’école, de la randonnée. Dès qu’on sort, on est dans la montagne. Moi j’habite à Valberg, j’ai les vaches en face de chez moi. Après, des fois, c’est un peu difficile, mais j’essaye de n’en garder que le côté positif, où on peut aller marcher dans la rue, dire bonjour à tout le monde car on va toujours reconnaître quelqu’un. Avec toujours quelqu’un qui va avoir une petite parole pour l’un, une petite parole pour l’autre. Pour les enfants, il n’ y a pas de grosse route à traverser, il n’y a pas le bruit de la ville même si oui, après, on renonce à certaines choses parce qu’on est loin de tout. On est loin pour faire des courses, mais on trouve sur place pas mal de choses. On est loin pour tout ce qui est médical. (…) pour les études supérieures. Mais ça reste une vie très enrichissante.

Ce que j’aime en particulier, c’est la randonnée. Je marche vite et j’expérimente tous les petits sentiers, les sentes, j’adore découvrir de nouveaux sentiers, de nouveaux lieux et j’aime bien y aller toute seule. 

C’est la reconnexion avec soi-même. On est tout seul, dans la nature, on n’est pas en discussion. Personnellement, ça me permet de me vider la tête parce que du coup, je me concentre sur ce que j’ai autour de moi : la faune, la flore. 

Ça permet de se rendre compte de la chance qu’on a de vivre ici, au milieu de la nature parce que dans le quotidien, parfois on l’oublie.