Parc national du Mercantour
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Vautour fauve

 Vautour fauve ( Gyps fulvus ) au plumage juvénile posé sur un rocher

Vautour fauve au plumage juvénile posé sur un rocher (Gyps fulvus), par L.Martin-Dhermont/PNM

Nom scientifique : Gyps fulvus

 

Identification

Le vautour fauve est un des plus grands rapaces de France, aisément identifiable par son vol plané lent, souvent en rond. Ses ailes sont longues et larges, sa queue courte, carrée et sombre. Il porte une collerette blanchâtre, marron quand il est jeune. Son plumage est de couleur fauve, et sa tête entièrement couverte d’un duvet blanc. Son poids varie de 6 à 10 kg, et son envergure atteint les 280 cm.

Habitat

Le vautour fauve niche dans les falaises mais pas dans le Mercantour. Absent depuis fort longtemps, il est réapparu en 2003 principalement depuis le site de réintroduction des Gorges du Verdon. Il estive désormais sur le territoire du Parc du mois de mai à octobre lorsque les troupeaux transhumants sont présents. Se nourrissant d’animaux morts, il parcourt les alpages chaque jour sur de longues distances, profitant des courants thermiques, à la recherche de carcasses d’animaux sauvages ou domestiques.

Depuis 2006 l’espèce a établi des dortoirs qui sont soit occupés de façon quasi permanente en été, soit réguliers, soit occasionnels quand par exemple une curée a eu lieu sur un alpage.

Comportement

Le vautour fauve niche en colonie. Les Gorges du Verdon en hébergent plus de 160 couples aujourd’hui. Les jeunes, émancipés entre juillet et août, viennent conforter la population d’adultes présente dans le Parc national du Mercantour. Des comptages sont effectués depuis 2010 à la mi-août, période où le maximum d’oiseaux est en estive sur le territoire. Les résultats montrent qu’au moins 400 charognards utilisent le Mercantour comme zone de nourrissage en été. Ces comptages permettent également de rencontrer des vautours issus d’autres régions ou pays. Ainsi, des oiseaux espagnols sont régulièrement observés, des brassards jaunes sur les ailes permettant leur identification. A maturité, certains jeunes partent en dispersion, pouvant parcourir plusieurs centaines de kms ; des individus sont observés aux Pays-Bas, en Allemagne, etc.

Régime alimentaire

Espèce nécrophage, le vautour fauve se nourrit quasi-exclusivement de bêtes mortes telles que moutons, vaches et chèvres qu’il trouve sur les pâturages, mais aussi d’animaux sauvages. Sa vue perçante lui permet de repérer les cadavres à haute altitude. Le tournoiement au-dessus d’un ou de plusieurs cadavres par des « découvreurs » attire d’autres congénères aboutissant parfois à plusieurs dizaines d’oiseaux qui vont se chamailler…. pour manger. On appelle cela une curée. De par sa présence, le vautour fauve contribue à l’élimination des carcasses en montagne.

Cycle de vie

La reproduction débute en décembre – janvier avec le choix du nid et les accouplements. Chaque couple de vautour fauve pond un œuf par an, en janvier-février, qui donne naissance, environ deux mois après, à un jeune que ses parents élèvent en lui régurgitant de la nourriture au nid. Son premier vol aura lieu en juillet – août. Il va alors accompagner ses parents pour rechercher sa nourriture en suivant notamment les troupeaux domestiques dont le nombre d’individus augmente les chances pour lui de trouver sa pitance. Dans le Mercantour, l’automne est le retour vers le site d’hivernage.

Préservation

Non nicheur aujourd’hui, l’espèce n’est pas menacée dans le Parc national. Une surveillance est cependant exercée sur les dortoirs, falaises présentant des replats où les oiseaux ont l’habitude de se poser pour la nuit. Cependant, le passage d’aéronefs à moteur peut, par collision, provoquer la mort d’individus de cette espèce.

Les relations de l’espèce avec le bétail présent dans les estives font aussi l’objet d’une surveillance par le Parc national. Des contacts avec les bergers ou éleveurs sont régulièrement établis.

Comment l'observer ?

Le plus souvent, on le repère par ses orbes (cercles) qu'il dessine en volant au-dessus des crêtes et pics, entouré généralement de congénères, gagnant ainsi de la hauteur pour ensuite survoler les alpages, traverser une vallée ou passer dans une autre. Qu’une ombre fuse au sol, masquant fugitivement le soleil… si ce n’est pas un aigle, ce pourra être un vautour fauve en descente rapide vers un perchoir ou un potentiel déjeuner.

Pour en savoir plus :