Parc national du Mercantour
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Loup gris

Un loup couché sous un mélèze

Un loup couché sous un mélèze (Canis lupus), par C.Robion

Nom scientifique : Canis lupus

 

Identification

Les loups présents en France sont tous de lignée italienne (sous espèce italicus). Ils ont un pelage beige-gris, pouvant tirer sur le roux, avec un liseré noir sur les pattes antérieures. Le dos est plus foncé que la partie inférieure du corps. Ils présentent un masque facial clair et peu étendu.

En Europe du sud, le poids d’un loup adulte varie de 18 à 40 kilos, les mâles sont généralement plus lourds que les femelles. La taille est comprise entre 60 et 70 cm au garrot pour une longueur totale de 110 à 150 cm. La queue mesure de 30 à 45 cm avec le bout noir.

La tête du loup est plus large que celle d’un chien. Les oreilles sont proportionnellement plus petites, plus écartées et plutôt arrondies.

Habitat

Dans le Mercantour, le loup évolue principalement dans les forêts et les alpages. Toutefois, il fréquente toutes sortes de milieux : zones ouvertes d’altitude ou de fond de vallée, landes, garrigues, forêts méditerranéennes… Cette plasticité écologique est une des principales caractéristiques de l’espèce : peu importe le milieu, ce qui compte est la présence de proies (grands ongulés) en quantité importante.

Comportement

Le loup est un animal social vivant en meute de 2 à 11 individus. Chaque meute occupe un territoire, compris entre 150 et 300 km², qu’elle défend par marquages olfactifs (urine et fèces) et sonores (hurlements).

L’unité de base de la meute est le couple dominant dit « alpha », qui est le seul à se reproduire, et sa descendance. Les individus dominés, dont les subadultes, peuvent être chassés hors du territoire par le couple dominant. Ils vont alors partir, parfois très loin (plusieurs centaines de kilomètres), à la recherche d’un nouveau territoire, ils sont alors qualifiés de « dispersants ». Cette dispersion a lieu principalement au printemps, durant la période d’accouplement, et en automne, au moment où les jeunes de l’année sont intégrés à la meute.

Le loup est actif toute l’année, surtout à l’aube et au crépuscule. Il possède une bonne vision nocturne grâce à ses iris constitués d’un tissu particulier, le tapecum lucidum, lui permettant de voir dans des conditions d’éclairement très faibles et donc de chasser efficacement de nuit. Un loup adulte peut parcourir une trentaine de kilomètres en une seule nuit.

Un louveteau au mois d'août

Un louveteau au mois d'août (Canis lupus)., par L.Malthieux/PNM

 

Régime alimentaire

Le loup est un prédateur opportuniste : ce sont l’abondance et la vulnérabilité des proies qui conditionnent son régime alimentaire. Il est majoritairement carnivore et privilégie les grands ongulés : cerfs, chevreuils, chamois, sangliers et mouflons. Les troupeaux domestiques (essentiellement ovins) font aussi l’objet d’une prédation marquée.

La prédation sur les troupeaux domestiques est en augmentation au niveau national, correspondant à la progression géographique de l’espèce. Dans le Mercantour, avec une occupation ancienne de l’espèce, on note une certaine stabilisation des attaques, à un niveau toutefois élevé : 500 attaques pour 1500 victimes en moyenne par an.

Le loup est capable de s’adapter aux modifications d’abondance relative des populations de ses proies. Par exemple, l’une des meutes du Mercantour a su reporter sa prédation sur le chamois et le chevreuil suite à une forte baisse des effectifs de mouflons.

Cycle de vie

Chez le loup, la saison des accouplements débute vers la fin de l’hiver, en février-mars. Seul le couple dominant se reproduit, les autres membres de la meute se contenteront d’aider à l’éducation des jeunes. La gestation dure 9 semaines, au terme desquelles la louve donne naissance, en avril-mai, à plusieurs louveteaux (généralement entre 4 et 6). Ils sont mis à l’abri dans une tanière aménagée : terrier, éboulis, souche d’arbre..., située généralement à proximité d’un point d’eau. Lorsqu’ils naissent, les louveteaux sont sourds, aveugles et sans dents. Ils seront sevrés à 2 mois.

Dès que les louveteaux pourront sortir de la tanière, l’ensemble de la meute assurera leur éducation et leur nourrissage en régurgitant des morceaux de viande à leur intention. Durant leur premier été, les louveteaux grandissent très vite, ils testent leur force par le jeu et les bagarres. Ces jeux peuvent paraître innocents, ils ont pourtant un rôle crucial en les initiant au langage corporel, et en leur apprenant la place qu’ils doivent tenir au sein de la meute. Dès qu’ils sont suffisamment robustes, les louveteaux partent chasser avec le reste du groupe, généralement à partir de l'automne suivant leur naissance. En moyenne, un jeune sur deux n'atteint pas l'âge adulte.

Une meute ne s’agrandit jamais trop, c’est une question d’équilibre et de survie.

Préservation

Revenu naturellement depuis l’Italie et observé pour la première fois dans le massif du Mercantour en 1992, le loup est aujourd’hui une espèce qui étend sont territoire : la population française est en phase d’expansion.

A l’issue de l’été 2017, le territoire français compte 52 meutes et 11 zones où l’on trouve des animaux sédentarisés, soit 63 zones qualifiées de Zone de Présence Permanente (ZPP). La région PACA en compte à elle seule 40. Dans le Mercantour, on peut considérer que le territoire est « plein ». Toutefois, il est extrêmement difficile de connaître précisément le nombre exact de meutes (environ 8) car les limites des territoires changent en permanence et certaines meutes sont transfrontalières.

Le loup est une espèce protégée par l’arrêté interministériel du 17 avril 1981 fixant la liste des mammifères protégés sur l'ensemble du territoire, modifié par l'arrêté du 22 juillet 1993, intégrant les dérogations prévues par la Convention de Berne et la Directive Habitats. Néanmoins, la destruction d’individus est possible, notamment pour prévenir les dommages importants au bétail en l’absence de solution satisfaisante. Les principes de gestion et de conservation des populations sont entièrement décidés à l’échelon national après examen des données techniques et scientifiques du suivi de l’espèce et des dommages causés aux troupeaux.

Comment l'observer ?

Il ne faut jamais chercher à voir un loup… La plupart des rencontres sont le fruit du hasard et se font à bonne distance. Si vous avez cette chance et que vous souhaitez prolonger l’observation, faites le moins de bruit et de mouvement possibles, car s’il vous détecte, il risque de s’enfuir rapidement.