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Plan de restauration et de suivi des lacs d'altitude

Dans le cadre de la Charte du Parc national du Mercantour, l'objectif du Parc est de restaurer le fonctionnement naturel de certains lacs d’altitude en coeur de parc. Il s'agit de réduire l’artificialisation et notamment les pratiques d’alevinage, à savoir l’introduction de jeunes poissons issus de la pisciculture.

Comprendre les lacs d'altitude en 20 questions : 

 

L'alevinage :

L’alevinage est pratiqué par certaines associations de pêche à partir d’alevins élevés en pisciculture et introduits artificiellement dans les milieux aquatiques pour la pratique de la pêche. Dans nos lacs d’altitude, il s’agit de jeunes salmonidés. Cette introduction modifie le fonctionnement naturel de ces lacs qui étaient autrefois apiscicoles (mais pas sans vie, invertébrés aquatiques, plancton,... y étaient présents).

Les impacts de l’alevinage dans les lacs apiscicoles de montagne :

  • réduction ou élimination drastique de la faune autochtone 
  • épuisement des ressources pour les insectivores terrestres et les prédateurs des amphibiens 
  • pollution des lacs (granulés d’alimentation dans les piscicultures fabriqués à partir des déchets de la pêche maritime => présence de métaux lourds…) 
  • risque potentiel d’introduction de pathologies (via les alevins) => ex : ranavirus, orthoréovirus, diatomées envahissantes... 
  • hybridation souche locale/souche introduite de truite fario (si dévalaison depuis les lacs dans les cours d’eau aval)
  • dérangement de la grande faune en raison des héliportages
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Alevinage par hélicoptère
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Alevinage

Depuis 2014, le Parc national du Mercantour a donc mis en place un programme pluriannuel visant à stopper l’alevinage dans certains lacs d’altitude du cœur du Parc (zone réglementée). Ces lacs ont été sélectionnés, après validation du conseil scientifique et une longue concertation avec les pêcheurs de 2012 à 2014. Les critères de choix ont été basés sur leur intérêt écologique, selon l’existence ou la possibilité de reproduction naturelle de salmonidés déjà présents suite à de l’alevinage, et enfin, en tenant compte de leur intérêt halieutique. 

Le plus important était de disposer d’une bonne représentativité des différents types de lacs (grands et petits lacs, environnement minéral ou forestier de basse altitude, etc) 

Ce programme a été volontairement prévu jusqu’en 2024. Cette longue période de 10 ans permet aux pratiques de pêche de s’adapter à ces évolutions et de réduire les autres pressions. 

Au terme de ce programme, il restera 1/3 des lacs alevinables, représentant 44 % de la surface halieutique des lacs en cœur de parc.

Sur les deux tiers restant, la pêche restera autorisée, et des programmes d’études permettront de suivre l’évolution de la flore et de la faune aquatiques. 

Il faut également savoir que la pêche reste possible malgré l’arrêt de l’alevinage et que les poissons déjà introduits peuvent parfois se reproduire. C’est le cas par exemple du lac du Lauzanier en Ubaye où l’alevinage a été stoppé en 2011 et où la pêche se poursuit encore aujourd'hui.

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Le lac du Lauzanier dans l'Ubayette à Larche @F.Breton/PnM